Linky est-il compatible avec les panneaux solaires ?
Oui, totalement — et c’est même le compteur de référence pour le photovoltaïque résidentiel. Pour une installation en autoconsommation avec revente du surplus, le réseau doit pouvoir mesurer deux flux : l’électricité que vous tirez du réseau (soutirage) et celle que vos panneaux renvoient dessus (injection). Le Linky fait les deux dans un seul compteur communicant.
Avant Linky, il fallait parfois un second compteur dédié à la production. Le Linky a simplifié ça : un seul appareil, communicant, qui transmet les index à Enedis et à votre acheteur de surplus (EDF OA ou autre).

Le mythe du « bridage » : le vrai du faux
On lit souvent que « Linky bride les panneaux solaires ». C’est faux dans le sens où beaucoup l’entendent. Linky mesure votre production injectée, il ne la limite pas. Vos panneaux produisent autant que l’ensoleillement le permet ; ce que vous autoconsommez n’est même pas « vu » par le compteur côté réseau.
La confusion vient de deux choses réelles mais différentes :
- La puissance d’injection peut être plafonnée par votre contrat de raccordement (ex. un onduleur réglé pour ne pas injecter plus de X kVA) — c’est une limite de l’installation/du contrat, pas du Linky.
- En cas de tension réseau trop haute dans votre rue, l’onduleur peut réduire l’injection pour se protéger (norme) — là encore, c’est l’onduleur qui agit, pas le compteur.
Bilan : le Linky en lui-même ne réduit jamais votre production ni votre autoconsommation. Un vendeur qui vous propose de « contourner le bridage Linky » raconte une histoire — méfiance.
Le rôle de Linky en autoconsommation
Concrètement, après mise en service, votre Linky est configuré en mode « producteur » et mesure :
- votre soutirage (ce que vous achetez au réseau quand les panneaux ne suffisent pas) ;
- votre injection (le surplus renvoyé, racheté 0,011 €/kWh depuis la réforme S21).
Ces index injection servent à facturer votre acheteur de surplus. L’autoconsommation directe, elle, ne passe pas par le réseau : c’est de l’électricité que vous utilisez immédiatement, donc « invisible » au compteur côté réseau — et c’est tant mieux, c’est elle qui vous fait économiser le plus (~0,25 €/kWh évité).
Les démarches Enedis à connaître
Vous n’avez en général rien à faire vous-même : un installateur sérieux gère tout. Les étapes :
- Demande de raccordement auprès d’Enedis (en autoconsommation avec revente).
- Convention d’autoconsommation (CACSI) et, le cas échéant, contrat de rachat du surplus.
- Consuel : attestation de conformité électrique de l’installation.
- Mise en service par Enedis : configuration du Linky en mode production.
Vérifiez que votre devis inclut bien ces démarches (mairie, Enedis, Consuel) — c’est un point que ScoreSolaire contrôle. Un devis qui les facture en supplément flou, ou les oublie, mérite une question.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
- Votre logement a-t-il bien un Linky (sinon Enedis l’installe gratuitement) ?
- La puissance d’injection au contrat correspond-elle à votre installation (pas de bridage inutile imposé) ?
- Les démarches Enedis + Consuel sont-elles incluses dans le devis ?
- L’installateur est-il RGE QualiPV (condition de la TVA réduite et du contrat de rachat) ?
Pour vérifier que votre projet est cohérent (puissance, prix, démarches), utilisez le simulateur solaire avant de demander un devis, ou faites analyser un devis existant gratuitement.
