L'effet photovoltaïque : de la lumière à l'électricité
Un panneau photovoltaïque est composé de dizaines de cellules de silicium, un matériau semi-conducteur. Quand la lumière du soleil (des grains d'énergie appelés photons) frappe une cellule, elle transmet son énergie aux électrons du silicium, qui se libèrent et se mettent à circuler. Ce déplacement d'électrons est tout simplement… un courant électrique. C'est l'effet photovoltaïque, découvert dès 1839.
Point clé : le panneau réagit à la lumière, pas à la chaleur. Il produit donc aussi par ciel voilé (en quantité réduite), et perd même un peu d'efficacité quand il fait très chaud. Aucune pièce en mouvement, aucune combustion : c'est une conversion directe et silencieuse de la lumière en électricité.

Du soleil à la prise : les 5 étapes
Entre le rayon de soleil et la lampe qui s'allume, l'électricité passe par cinq étapes :
| Étape | Élément | Rôle |
|---|---|---|
| 1 | Panneaux (cellules silicium) | captent la lumière, produisent du courant continu (DC) |
| 2 | Onduleur | convertit le continu (DC) en alternatif (AC 220 V) |
| 3 | Tableau électrique | distribue l'électricité aux appareils de la maison |
| 4 | Compteur Linky | mesure ce qui est autoconsommé et ce qui est injecté |
| 5 | Réseau (surplus) | le surplus non consommé est injecté et racheté |

L'onduleur est la pièce maîtresse (et la plus susceptible de tomber en panne au bout de 8-12 ans) : sans lui, l'électricité des panneaux serait inutilisable par vos appareils. Détail du rôle de Linky : Linky et panneaux solaires.
Combien produit un panneau ? (du Wc au kWh)
La puissance d'un panneau se note en watts-crête (Wc) : c'est sa puissance maximale en conditions de test idéales. Un panneau récent fait environ 425-500 Wc. Ce qui vous intéresse, c'est la production annuelle réelle en kWh, qui dépend de l'ensoleillement, de l'orientation et de l'inclinaison.
Repère fiable (source : PVGIS, l'outil de la Commission européenne) : en France, 1 kWc bien orienté produit environ 900 à 1 400 kWh par an selon la région (nord vs sud). Une installation de 3 kWc (~7 panneaux) produit donc grossièrement 3 000 à 4 000 kWh/an. Pour estimer votre cas précis : simulateur solaire, et pour choisir l'inclinaison, orientation et inclinaison des panneaux.
| Région | Production (kWh/an par kWc) | Exemple 3 kWc |
|---|---|---|
| Nord (Hauts-de-France, Normandie) | ~900 – 1 000 | ~2 700 – 3 000 kWh |
| Île-de-France, Est, Centre | ~1 050 – 1 150 | ~3 150 – 3 450 kWh |
| Ouest / façade atlantique | ~1 100 – 1 200 | ~3 300 – 3 600 kWh |
| Sud-Ouest, vallée du Rhône | ~1 250 – 1 350 | ~3 750 – 4 050 kWh |
| Sud-Est, pourtour méditerranéen | ~1 350 – 1 450 | ~4 050 – 4 350 kWh |
Ces chiffres supposent une pose bien orientée et sans ombrage ; une mauvaise orientation ou un masque (arbre, cheminée) peut faire perdre 10 à 40 %. C'est pourquoi le dimensionnement se vérifie toujours au cas par cas.
Ça marche la nuit, par temps nuageux, en hiver ?
- La nuit : non. Sans lumière, aucune production. C'est pour cela qu'on parle d'autoconsommation le jour, et qu'une batterie peut stocker le surplus pour le soir (rentabilité à étudier au cas par cas).
- Par temps nuageux : oui, en réduit. Le panneau capte la lumière diffuse ; par ciel très couvert, la production tombe à 10-25 % de la puissance max, mais elle n'est pas nulle.
- En hiver : oui. Les journées sont plus courtes et le soleil plus bas, donc la production baisse fortement — mais le panneau fonctionne. Le froid ne le gêne pas ; c'est même la chaleur excessive de l'été qui réduit légèrement son rendement.
À retenir : un panneau produit sur l'ensemble de l'année, avec un pic au printemps/été et un creux en hiver. Le dimensionnement se raisonne donc sur la production annuelle, pas sur une belle journée de juin.
Autoconsommation et surplus : où va le courant ?
L'électricité produite sert en priorité à votre maison (autoconsommation) : elle alimente en direct vos appareils allumés à ce moment-là. Ce que vous ne consommez pas immédiatement — le surplus — est injecté sur le réseau. C'est ce circuit que mesure le Linky.
Côté valeur, la logique 2026 est claire (réforme S21) : autoconsommer est bien plus intéressant que revendre. Chaque kWh autoconsommé vous évite d'acheter de l'électricité à ~0,25 €/kWh ; le surplus revendu, lui, n'est racheté qu'à 0,011 €/kWh (tarif surplus au 3ᵉ trimestre 2026, source CRE). Autrement dit : 1 kWh gardé chez soi vaut plus de 20 fois un kWh revendu. On détaille cette bascule dans l'autoconsommation photovoltaïque en 2026 et le prix de rachat du surplus.
Durée de vie et perte de rendement
Un panneau photovoltaïque n'a pas de pièce mobile : il vieillit lentement. Les fabricants garantissent en général 25 à 30 ans avec une production encore supérieure à 80-85 % de l'origine en fin de garantie. La dégradation est d'environ 0,5 % par an. L'onduleur, lui, dure moins longtemps (8-12 ans) et devra probablement être remplacé une fois sur la durée de vie de l'installation — un coût à intégrer dans tout calcul de rentabilité.
Bien comprendre pour ne pas se faire piéger sur le devis
Comprendre le fonctionnement, c'est déjà se protéger : un bon devis solaire n'est pas le moins cher, c'est celui dont la puissance, le matériel et le prix au Wc sont cohérents. Sur les devis solaires que nous analysons, le prix médian observé est de ~1,95 €/Wc (repère de marché, sur les devis reçus par ScoreSolaire) — au-delà, il faut souvent négocier.
Faites analyser gratuitement votre devis solaire : ScoreSolaire vérifie le dimensionnement, le prix au Wc, le matériel et les aides, avec une note sur 10 et les points à négocier. La note ne s'achète pas : aucun installateur ne paie pour être mieux évalué. Pas encore de devis ? Le simulateur solaire estime votre production et votre budget, et vous pouvez vérifier la rentabilité des panneaux solaires.

